Les grandes oubliées
Quelques éléments tirés du livre di Titiou Lecoq, Les grandes oubliées, ed. Proche
Pourquoi l’histoire a effacé les femmes? Le sous-titre du livre de Titiou Lecoq nous promet une réponse. De suite, quelques éléments pour vous titiller sur les légendes et les préjugés qui ont construit la condition féminine et des vérités qui font ressurgir des figures de femmes là où on ne le croirait pas.
Les théories (masculines) sur la différence entre femmes et hommes, avec la subordination des femmes à la clé, part de la Préhistoire. On a supposé que c’était à cause des naissances qui contraignaient les femmes à rester à la maison et à pratiquer la cueillette au lieu de la chasse. Donc… les femmes de la Préhistoire font la cueillette au lieu de la chasse, comme si chasser était plus fatiguant et donc plus adapté aux hommes ? Faux : la cueillette était exténuante. La place des femmes est devenue « naturellement » celle au foyer car à cette époque on faisait des enfants à la suite ? Faux : En réalité elles espaçaient les naissances. L’idée de la division sexuée du travail, qui statue que chasser est une activité plus exigeante et supérieure à la cueillette, était née, entérinant la subordination des femmes.
L’Histoire continue. Les femmes continuent d’être oubliées. Les femmes ne bâtissent pas des cathédrales ? Faux. Au Moyen Age, il ne leur était pas interdit d’exercer certains métiers. On trouve dans les registres des ménestrelles, des jongleresses, des musiciennes, des artisanes, des maréchal-ferrant…
On voit le Moyen Age comme une période d’ignorance où la situation de la femme était horrible mais c’est à la Renaissance qu’elle empire. On oublie aussi les femmes artistes, les lettrées. On ne retient que les noms des hommes. La langue est masculinisée au XVII siècle : avant, par exemple, les adjectifs s’accordaient avec le dernier substantif. Ensuite, les traités misogynes prolifèrent : Le caractère de La Bruyère, L’Emile de Rousseau, pour en citer que quelques-uns. En réalité les femmes sont dans plusieurs domaines, mais on arrive à minimiser leur travail. C’est au XIII siècle que commence la discréditation. Les clercs deviennent misogynes car ils veulent retirer le pouvoir aux femmes, en particulier aux femmes lettrées. D’ailleurs, le premier texte écrit par un auteur identifié revendiquant son identité date de 2300 ans a.C et c’est une femme : Enheduanna grande prêtresse d’Ur. C’est un fait très important pour l’Histoire, mais il n’est mentionné nulle part dans les manuels scolaires. Qui sait pourquoi. On parie ?
Ensuite vient la loi salique qui empêche aux filles d’hériter le trône. Voilà que le masculin l’emporte sur le rang et sur le sang. Les béguinages (communautés de femmes) sont fermés. Et en 1487 la chasse aux sorcières commence. Beau programme de « nettoyage de genre ».
Les femmes participent également à la Révolution française, mais le soulèvement des femmes du 5 octobre est minimisé par l’histoire et finit par ne plus être mentionné. Les femmes veulent des droits aussi, mais on les leur nie. La déclaration des droits de l’homme concerne bel et bien seulement les hommes. Lorsque Napoléon devient empereur, il ne fait qu’empirer les choses : son Code civil est défavorable aux femmes et il perdure jusqu’à la réforme des régimes matrimoniaux en 1965. Dans ce code, la femme est soumise au mari et le meurtre de l’épouse par l’époux est « excusable ». Voilà que ça explique bien des choses de notre situation actuelle.
Même les affaires de femmes telles l’accouchement passent entre les mains des hommes: la première chaire d’obstétrique en France date de 1806 et est occupée par un homme. Les soignantes traditionnelles sont disqualifiées. A la fin du siècle on arrive même à l’ablation des ovaires pour « calmer » les femmes, supposées être hystériques. Ah, oui, l’hystérie ! Les femmes sont folles. Surtout celles qui ne se taisent pas et n’acceptent pas le rôle qu’on leur impose. Je suis convaincue que c’est la nouvelle chasse aux sorcières ! D’ailleurs, la première femme psychiatre française, Madeleine Pelletier, finit sa vie en asile psychiatrique car accusée d’avoir pratiqué un avortement sur une fille de 13 ans qui avait été violée.
Puis vient l’industrialisation, qui change davantage le monde du travail. Au XIX siècle les modes de productions changent. Avant les femmes travaillaient depuis la maison mais maintenant elles ne peuvent plus faire car la place du travail, dans les usines par exemple, est à l’extérieur. Le foyer devient un sujet, en lui consacre la première expo nationale en 1923. Pendant les guerres, les femmes s’engagent dans la résistance. Emilienne Moreau-Evrard organise une école clandestine pour enfants, d’autres sont agents de liaison, la plupart travaillent car les hommes sont au front et sont ensuite renvoyées au foyer quand la guerre se termine.
Voilà quelques éléments donnés par l’auteure, afin de mieux comprendre que les femmes dans l’Histoire ont bel et bien existé, mais les manuels scolaires ne les mentionnent pas. Rares sont les femmes qui y ont une place. Ce livre contribue à expliquer – avec une langue très accessible – leur disparition et à en faire ressortir quelques-unes de l’oubli.
Le grandi dimenticate – quasi una recensione del libro di Titiou Lecoq Les grandes oubliées
Perché la storia ha cancellato le donne? Il sottotitolo del libro di Titiou Lecoq ci promette una risposta. Subito qualche elemento per solleticarvi sulle leggende e sui pregiudizi che hanno costruito la condizione femminile e sulle verità che fanno apparire figure femminili dove meno ce le si aspetta.
Le teorie (maschili) sulla differenza tra donne e uomini, che giustificano la subordinazione delle donne, partono dalla Preistoria. Si presumeva che la differenza fosse dovuta al fatto che il parto costringeva le donne a rimanere a casa e a praticare la raccolta invece della caccia. Quindi… le donne preistoriche raccoglievano invece di cacciare, come se la caccia fosse più faticosa e quindi più adatta agli uomini? Falso: la raccolta era estenuante. Il luogo “naturale” delle donne è diventato la casa, perché a quel tempo facevano figli uno dopo l’altro? Falso: in realtà distanziavano le nascite. Nasce però così l’idea della divisione sessuata del lavoro, che afferma che la caccia è un’attività più impegnativa e superiore alla raccolta, giustificando la subordinazione delle donne.
La storia continua. E le donne continuano ad essere dimenticate. Le donne non costruiscono cattedrali? Falso. Nel Medioevo non c’erano professioni che non potevano esercitare. Troviamo nei registri menestrelle, giocoliere, musiciste, artigiane, maniscalche…
Consideriamo il Medioevo come un periodo di ignoranza in cui la situazione delle donne era orribile, ma fu durante il Rinascimento che peggiorò. Si sono dimenticate anche le donne artiste, e le letterate. Ricordiamo solo i nomi degli uomini. La lingua venne mascolinizzata nel XVII secolo: prima, ad esempio, gli aggettivi concordavano con l’ultimo sostantivo. Poi comincieranno a proliferare i trattati misogini: Il carattere di La Bruyère, L’Emile di Rousseau, per citarne solo alcuni. In realtà le donne sono presenti in più ambiti, ma si riesce a minimizzare il loro lavoro. Fu nel XIII secolo che iniziò la svalorizzazione femminile. Il clero diventa misogino perché vuole togliere il potere alle donne, soprattutto alle donne colte. Pensate che il primo testo scritto da un autore identificato, che rivendica la sua identità, risale al 2300 aC e si tratta di una donna: Enheduanna, gran sacerdotessa di Ur. Questo è un fatto molto importante per la Storia, ma non è menzionato da nessuna parte nei libri di testo scolastici. Chissà perché. Scommettiamo?
Poi arriva la legge salica che impedisce alle figlie di ereditare il trono e il maschile prevale sul rango e sul sangue. I beghinaggi (comunità femminili) sono chiusi. E nel 1487 inizia la caccia alle streghe. Bel programma di “pulizia di genere”.
Anche le donne parteciparono alla Rivoluzione francese, ma la rivolta femminile del 5 ottobre viene minimizzata dalla storia e alla fine non è nemmeno più menzionata. Anche le donne vogliono dei diritti, ma glieli negano. La dichiarazione dei diritti umani riguarda solo gli uomini. Quando Napoleone divenne imperatore, non fece altro che peggiorare le cose: il suo Codice Civile era sfavorevole alle donne e durò fino alla riforma dei regimi matrimoniali del 1965. In questo codice la donna è soggetta al marito e all’omicidio della moglie da parte del marito è “scusabile”. Questo spiega molte cose della nostra situazione attuale.
Anche le questioni femminili, come il parto, passano nelle mani degli uomini: la prima cattedra di ostetricia in Francia risale al 1806 ed è occupata da un uomo. I mestieri della medicina occupati tradizionalmente dalle donne sono squalificati. Alla fine del secolo, le ovaie venivano addirittura asportate per “calmare” le donne che si supponeva fossero isteriche. Ah, sì, l’isteria! Le donne sono pazze. Soprattutto quelle che non stanno zitte e non accettano il ruolo che viene loro imposto. Per quel che mi riguarda, oso affermare che questa sia davvero un’ulteriore caccia alle streghe! Del resto, la prima psichiatra francese, Madeleine Pelletier, finì la sua vita in un manicomio perché accusata di aver praticato l’aborto a una ragazzina di 13 anni che era stata violentata. Giudicata non colpevole perché la sua emiplegia le impediva di praticare, fu comunque condannata al manicomio perché “pericolosa”.
Poi arriva l’industrializzazione, che cambia ulteriormente il mondo del lavoro. Nel XIX secolo i metodi di produzione cambiano. Prima le donne lavoravano da casa, ora non possono più farlo perché il luogo di lavoro, ad esempio nelle fabbriche, è fuori. La casa diventa un tema importante e la prima mostra nazionale francese si tiene a Parigi nel 1923. Durante le guerre le donne parteciparono alla resistenza. La scrittrice cita Emilienne Moreau-Evrard, che organizza una scuola clandestina per bambini, altre donne partecipano portando le informazioni, e la maggior parte di loro lavora perché gli uomini sono al fronte e poi vengono rimandate a casa quando finisce la guerra e non c’è più bisogno di loro.
Ecco alcuni elementi forniti dall’autrice, per comprendere meglio che le donne nella Storia sì, sono esistite, ma i libri di testo scolastici non ne parlano. Poche donne sono menzionate. Questo libro aiuta a spiegare – con un linguaggio molto accessibile – la loro scomparsa e a far uscire alcune di loro dall’oblio.
The great forgotten – some thoughts on Titiou Lecoq’s book Les grandes oubliées
Why has history cancelled women? The subtitle of Titiou Lecoq’s book promises us an answer. Here are some elements to let you know about legends and prejudices which have constructed the feminine condition, and the truths which bring back female figures where one would not expect them.
(Masculine) theories on the difference between women and men, with justify the subordination of women, start from Prehistory. It was assumed that childbirth forced women to stay at home and practice gathering instead of hunting. So… shall we understand that prehistoric women did a less tiring activity, more suitable to them? False: picking was exhausting. Women’s place “naturally” became that of the home because at that time they had children one after the other? False: In reality they spaced births. The idea of the sexual division of labor, which states that hunting is a more demanding and superior activity than gathering, was created, thus confirming the subordination of women.
The story goes on. Women continue to be forgotten. Women don’t build cathedrals? False. In the registers of Middle Ages, we can find women minstrels, jugglers, musicians, artisans, farriers..
We see the Middle Ages as a period of ignorance where the situation of women was horrible but it was during the Renaissance that it got worse. Women artists or writers were forgotten. We only remember the names of the men. The languages which come from Latin were masculinized in the 17th century: before, for example, adjectives agreed with the last noun (not so today). Then, misogynistic treatises proliferated: The Character of La Bruyère, L’Emile by Rousseau, to name just a few. In reality, women were in several fields, but their work was minimized. It was in the 13th century that discredit began. The Church became misogynistic, power was taken away from women, especially cultivated women. Moreover, the first text written by an identified author claiming her identity dates from 2300 BC and it is a woman: Enheduanna high priestess of Ur. This is a very important fact for History, but it is not mentioned anywhere in school textbooks. Who knows why. Shall we bet ?
Then comes the Salic law, which prevents girls from inheriting the throne. Now the masculine prevails over rank and blood. The beguinages (XIII c. communities of women) are closed. And in 1487 the witch hunt began. A perfect “gender cleansing” program.
Women also participated in the French Revolution, but the women’s uprising of October 5 was downplayed by history and eventually no longer mentioned. Women want rights too, but they are denied them. The French declaration of human rights only concerns men. When Napoleon became emperor, he only made things worse: his Civil Code was unfavorable to women and it lasted until the reform of matrimonial regimes in 1965. In this code, the woman is subject to the husband and the murder of the wife by the husband is “excusable”. This explains a lot of things about our current situation.
Even women’s affairs such as childbirth pass into the hands of men: the first chair of obstetrics in France dates from 1806 and is occupied by a man. Traditional medical jobs held by women, are disqualified. At the end of the century, ovaries were even removed to “calm down” women who were supposed to be hysterical. Ah, yes, hysteria! Women are crazy. Especially those who do not shut up and do not accept the role imposed on them. I am convinced that this is the new witch hunt! Moreover, the first French female psychiatrist, Madeleine Pelletier, ended her life in a psychiatric asylum after being accused of having performed an abortion on a 13-year-old girl who had been raped, recognized not guilty because she could not use one of her hands but still considered dangerous.
Then comes industrialization, which further changes working practices. In the 19th century, production methods changed. Before, women worked from home but now they can no longer do so because the place of work, in factories for example, is outside. The home became a subject: the first national exhibition was held in Parist in 1923. During the wars, women engaged in the resistance. Emilienne Moreau-Evrard organizes a clandestine school for children, others are liaison officers, most of them work because the men are at the front and are then sent home when the war ends.
Here are some elements given by the author, so that we can understand that women in History did indeed exist, but school textbooks do not mention them, so we did not learn about them. Few women have a place in schoolbooks. This book helps to explain – with very accessible language – their disappearance and to bring some back into light.