Impératrices, épouses, prostituées et femmes du peuple / Empresses, wives, prostitutes and common women / Imperatrici, spose, prostitute e popolane

Questo saggio è stato pubblicato sulla rivista letteraria Il colophon del mese di giugno 2018. Per leggerlo in italiano clicca qui.

Cet essai a paru en italien su le magazine littéraire Il Colophon au mois de juin 2018 – This essay was published on Italian literary magazine Il Colophon in June 2018.

 

Impératrices, épouses, prostituées et femmes du peuple

Esquisser un portrait complet de la figure de la femme dans la littérature chinoise serait une tâche titanesque. Voilà pourquoi je me contenterai d’en décrire quelques traits tirés de mes lectures, en proposant une classification basée sur le rôle des femmes. Cela nous suffira pour plonger dans un océan duquel émergent surtout deux extrêmes : les femmes impériales et celles du peuple.

On s’intéresse aux premières car elles sont des personnages publics et les récits qui les concernent ont le mérite de souligner les aspects les plus intéressants de la vie des cours impériales qui existaient jusqu’à 1912. Une place à part méritent Wu Zetian et Cixi.

Wu Zetian vecut de 624 à 705 sous la dinastie Tang. Elle fascina car, de concubine, elle se hissa au rang d’impératrice. Lin Yutang lui rendit hommage dans Impératrice de Chine, en racontant son histoire du point de vu d’un petit-fils imaginaire. De même fit Shan Sa (écrivaine contemporaine remarquée au Goncourt pour le premier roman avec Porte de la paix céleste e au Goncourt des lycéen avec La joueuse de go) dans Impératrice. Ces romans réhabilitent un nom dont la réputation fut déformée par les hommes, en tant que vengeance pour avoir su conquérir le pouvoir.

Une destinée littéraire similaire poursuivit la dernière impératrice, Cixi, qui fut l’héroïne de Femme impériale de Pearl Buck et constamment évoquée dans le témoignage romancé Mémoires d’un eunuque dans la Cité interdite de l’historien spécialiste de la dynastie Qing, Shi Dang. Il faut également mentionner la Cixi décrite dans Impératrice Orchidée d’Anchee Min et dans L’impératrice Cixi de Jung Chang. Chaque volume consacré à ces femmes de pouvoir met en lumière leur rapport ambivalent avec le peuple chinois : aimées, critiquées, enviées, les femmes impériales ont été objet de maintes recherches et romans.

Il y a une place au soleil également pour Jian Qing, même si elle n’était pas noble. Elle était la troisième femme de Mao Zedong, dont l’histoire est racontée dans Madame Mao d’Anchee Min. Femme ambitieuse, née en pauvreté, elle connut la souffrance des pieds bandés, la violence du père et la soumission de la mère. De ces tragédies elle tira sa leçon : «on ne peut pas survivre sans rébellion ». Jian Qing incarne le genre de femme qui ne se contente pas d’être une « fille de l’herbe », née pour être piétinée. Anchee Min fait sortir cette femme de l’ombre de Mao, en nous offrant en même temps sa vision d’un chapitre important de l’histoire récente de Chine.

Malgré cela, les femmes des classes favorisées représentent une exception statistique dans la société chinoise. A la catégorie la plus vaste appartiennent les femmes de la classe populaire, dont les points communs sont l’ignorance et la pauvreté, l’invisibilité, l’exploitation pour toute sorte de travail humble et la contrainte à des pratiques barbares comme les pieds bandés ou la sélection des fœtus fille avant la naissance.

Un travail remarquable en ce sens a été accompli par Xinran. Ses « filles de l’herbe » sont appelées les « baguettes » des objets utilitaires et fragiles. Ainsi sont décrites dans Baguettes chinoises les sœurs Trois, Cinq et Six, numéros qui ne méritent même pas un nom. Elles ne savent rien, sauf que leur mère a échoué car elle n’a pas mis au monde de garçon. Il s’agit d’un roman de formation au féminin, qui décrit également un grand changement générationnel. La description de la migration des sœurs de la campagne à la ville montre le changement du rôle traditionnel de la femme des campagnes. Les « baguettes » peuvent devenir serveuses, ouvrières, masseuses et, grâce à leur contribution financières aux familles restées dans le village, gagnent du respect et voient enfin les préjugés qui les accablent.

Mais le roman n’est pas la forme littéraire préférée de Xinran. Journaliste, elle a aidé les femmes les plus démunies à parler de leurs expériences grâce à de nombreux recueils de témoignages. Le plus connu est Chinoises, un livre-témoignage de femmes pendant la révolution culturelle, qui connut un franc succès et fut traduit en plus de trente langues. C’est avec Messages de mères inconnues que Xinran s’en prit à l’un des grands drames sociaux chinois : l’abandon ou la suppression des fillettes qui venaient de naître. Le livre est le recueil de dix terribles témoignages de mères qui furent obligées d’abandonner leurs nouvelles-nées ou pire, à le « ranger », un euphémisme injurieux pour décrire un acte atroce encore pratiqué dans les campagnes. La journaliste nous parle de la souffrance des mères – souffrance confirmée par l’impressionnant nombre de suicides de femmes par l’ingestion de pesticides – et elle nous explique les racines de ces pratiques inadmissibles : la pauvreté et l’ignorance, certes, mais également un système politique inchangé depuis deux millénaires. Un système qui attribuait du blé et de la terre seulement en cas de naissance d’un garçon. Ces pratiques barbares empirèrent lors de la mise en place de la politique du fils unique en 1979 (qui perdura jusqu’en 2013). Mais « si elle était une créature, on s’occuperait d’elle, n’est-ce pas ? » ose affirmer l’une des femmes qui aident à « ranger » les filles, en révélant ainsi tout le poids des croyances destructrices enracinées dans la mentalité de ce peuple. Il faudra un temps incalculable pour les déraciner, car il existe encore la croyance qu’une fille ainée « cassait les racines » d’une famille et la déshonorait. Dénonciation brutale et précieuse, celle de Xinran, mais âmes sensibles s’abstenir. Tout le petit monde des « rangeuses » et des orphelinats y est évoqué, ainsi que le sentiment de douleur des mères : des femmes bien, pleines d’amour maternel mais écrasées par les mécanismes politiques et sociaux qui perpétuent la mentalité fossilisée qui les poussent à « désirer seulement deux choses : ne pas accoucher d’une fille dans cette vie et de ne pas renaître femme dans la prochaine ».

Pendant la rédaction de cet essai, j’ai été frappée par une constatation : beaucoup d’écrivain/es que j’ai lu appartiennent à la diaspora chinoise. Il se peut qu’elles aient eu plus de chance de publier ? Et combien de textes inconnus circulent encore dans le vaste territoire chinois ? Je n’en ai aucune idée. Mais le succès d’Anchee Min, Xinran, Jung Chang ou Hong Ying semble suggérer qu’écrire à propos de la Chine est plus facile de l’étranger. Et même d’écrire dans une autre langue que la sienne. Les femmes sont à l’honneur dans Fleurs de Chine de Wei Wei, ou Femme femme femme de Han Shaogong, ou encore dans Le bracelet de jade de Chi Zijian. Toutes ont écrit dans une autre langue que la leur.

Pour terminer cet aperçu, j’aimerai citer encore un grand de la littérature, Lao She, qui consacre en particulier aux prostituées quelques nouvelles, comme Dans la cour de la famille Liu et Croissant de lune dans Gens de Pékin. Sont également des prostituées les protagonistes de deux romans de Lin Yutang et de Hong Ying. Et elles y sont décrites au même titre que les autres.

Car cette position sociale colorie aussi la grande fresque de la condition sociale de la femme en Chine, dont les couleurs sont souvent sombres : tuée, exploitée, respectée ou opprimée suivant la classe sociale à laquelle est appartient, le parcours d’émancipation des chinoises et apparemment encore plus difficile qu’en Occident. Il lui emboîte le pas et j’espère qu’il ne tardera à le rejoindre. Et que peut-être un jour, suivant la fulgurante renaissance de l’Empire du Milieu, il le dépassera.

 

Empresses, wives, prostitutes and common women

An essay about women in Chinese literature is complex to write. This will be an attempt, forcibly incomplete and superficial, and will outline two main categories: women of the higher and the lower class. Empresses and concubines, and common women.

Among empresses, Wu Zetian and Cixi played a major role in literature. The former lived from 624 to 705 under the Tang dynasty. She fascinated as she raised from concubine to empress and reigned for years. Lin Yutang wrote about her, as well as Shan Sa in Empress. Cixi is the protagonist of well-known Imperial woman by Pearl Buck, as well as Anchee Min’s Empress Orchid, Jung Chang’s Empress Dowager Cixi or of a book by historian Shi Dang. All these books underline how much imperial women were admired, feared, criticised or envied. Jian Qing was no empress, yet she managed to step out of invisibility thanks to Anchee Min’s Becoming Madame Mao. She was Mao’s third wife, an ambitious woman of humble roots, who suffered from feet binding, family violence and her mother’s submission. From these tragedies she learnt her motto: “there is no surviving without rebellion” and decided not to be a “daughter of the grass”, born to be trampled upon.

Yet higher status women were (and still are) an exception in Chinese society. Most women belonged to lower classes and were ignorant, invisible, dramatically poor, exploited or even killed by abortion.

A great work concerning these women’s lives is that of Xinran. Her “daughters of the grass” are called chopsticks in her Miss Chopsticks novel, i.e fragile objects to be used and thrown away. Sisters Three, Five and Six do not even deserve a name, let alone education. They do not know anything except for one thing: their mother failed because she did not give birth to a boy. Miss Chopsticks follows the tradition of the bildungsroman in a feminine way. The migration of the main characters from the village to the city shows the change in the traditional role: women can become waiters, massagers or factory workers and contribute financially to their family’s life back in the village, thus gaining respect and opening their eyes on their condition.

Xinran being a journalist, her books are mostly true stories, which she gathered in a radio programme she lead in China. Her most famous book The good women of China is a collection of real stories translated in more than thirty languages. Her most poignant one, though, is maybe the collection of testimonies of women who abandoned their new-born daughters, or worse let them “settle” them, an injurious euphemism for the word kill. “Settling” was common in Chinese rural areas. Qualms of conscience on those mothers’ side were common too, as the large number of suicides by pesticides ingestion clearly proved. Xinran managed to enlighten the roots of these barbaric practices: poverty, ignorance but above all a never changing political system, which gave wheat and land only upon the birth of boys. This practice got worse with the politics of the only child from 1979 to 1993. One of the women affirms “but if they were real creatures, we would take care of them, wouldn’t we?” revealing the burden of millennial beliefs so rooted in Chinese mentality that, in order to get rid of them, we will have to wait for an incalculable time. The belief that a first-born girl “breaks the roots” of a family and dishonours it is still very present in rural areas. Therefore, Xinran’s is a brutal and necessary complaint, but very hard to read and bear with. She insists of mother’s love for their daughters, yet denounces the political and social mechanisms that perpetuate a fossilised mentality. It is indeed a wrong belief that convinces women to “hope just two things: not to bear a girl in this lifetime and not to be born a woman in the next”.

While I am writing these lines, I realise that many authors belong to the Chinese diaspora. How many unknown or unpublished books are there in China? Nobody knows. Anchee Min’s, Jung Chang’s, Hong Ying’s or Xinran’s success seem to suggest that writing from the West is easier. Some Chinese writers even write in English or other languages: Wei Wei, Chow Ling Lie, Han Shaogong, Chi Zijian are some of them.

Going back to women, though, let me finish with the great Chinese writer Lao She, whose women played a role in most of his novels and particularly in the short stories. I can vividly remember his descriptions of a couple of prostitutes. The main characters of a couple of books, one by Hong Ying and one by Lin Yutang, work in this field too. Because this social position is one of the colours used in the great fresco of the condition of women in China. The painting is often dark: survival, oppression, exploitation or respect depended upon women’ status.

The road to freedom and emancipation is even more tortuous than in the West. It follows its steps, but it is always a step behind. I hope it will catch up soon, and maybe even overtake.

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Corpo, mente e anima in diretta su YouTube / Corps, intellect et âme en direct sur YouTube / Body, intellect and soul on YouTube

“A vederla sembrava avesse fatto solo corsi di body building e make up” (Trompe l’oeil, in Punti e interrogativi, p. 21)

 

In un settimanale francese mi imbatto in un articolo sui leader d’opinione giovanili che tutti i genitori dovrebbero conoscere, perché influenzano comportamenti e acquisti degli adolescenti. Mi tocca, non scamperò all’adolescenza dei miei figli e allora tanto vale informarsi.

Vi trovo utili nomi, che dovrò andare a consultare su Youtube. E il solito discorso trito sulla pubblicità, la cui connivenza con gli “youtuber” e gli “instagramer” mi pare evidente.

Vi trovo pure la conferma che scrivere è out. Ci vuole il video. Youtube forever. Dovrei vincere la reticenza a mostrare la mia immagine? Ci rifletto. Poi continuo a leggere e non ne sono convinta. Tanto, sulle 10 ragazze youtuber più influenti in Francia, 7 si occupano di bellezza e lifestyle.

Questo significa che le donne sono credibili e ascoltate soprattutto (o forse soltanto) se parlano di questi settori, o che esse si interessano prevalentemente (o solo) a questi settori? E come sono legati questi due aspetti?

In entrambi i casi, la cosa mi turba parecchio. Speriamo ci sia un significato che non sono riuscita a cogliere. O che sia una cosa passeggera, che riguarda un’adolescenza che un giorno finirà, lasciando spazio ad altro. Anche a questo, perché no. Ma con moderazione.

Io continuo a crederci: noi donne non siamo solo corpo. Siamo anche mente. E anima. Le tre cose non si escludono e nessuna delle tre dovrebbe sopprimere le altre.

PS: ehi, ragazzi, questo vale anche per voi!

 

Corps, intellect et âme en direct sur Youtube

Dans l’Express au mois de mai, je tombe sur un article concernant les leaders d’opinion des jeunes, que tous les parents devraient connaître car ils influencent comportements et achats des ados. Je ne peux pax échapper à l’adolescence de mes enfants, alors il vaut mieux s’informer.

J’y trouve des noms qu’il me faut chercher sur Youtube. Et je n’échappe pas non plus au discours bien connu sur la pub, avec laquelle les “youtubeurs” e les “instagramer” sont mêlés.

J’y lis également la confirmation qu’écrire est out. Il faut la vidéo. Youtube forever. Faudrait-il que je vaincs la réticence à montrer mon image ? J’y réfléchis. Mais en lisant je me convaincs que non. Car parmi les 10 youtubeuses les plus influentes de France, 7 s’occupent de beauté et de lifestyle.

Cela signifie que les femmes sont crédibles et suivies surtout (ou bien seulement ?) si elles discutent de ces choses, o qu’elles s’intéressent surtout (ou bien seulement ?) de ces thèmes ? Et comment ces deux aspects sont-ils liés ?

Dans les deux cas, ceci me perturbe. J’espère qu’il y ait une autre hypothèse que je n’ai pas réussi à dénicher. Ou bien que cet engouement pour la beauté soit transitoire, lié à l’adolescence, et qu’il se terminera un jour pour laisser la place à autre chose. À cela aussi, pourquoi pas. Mais avec modération.

J’y crois encore et toujours : nous, les femmes, nous ne sommes pas qu’un corps. Nous sommes aussi intellect. Et âme. Ces trois aspects ne s’excluent pas et aucun des trois ne devrait essayer de supprimer les autres.

Ceci vaut également pour les hommes. Bien évidemment.

 

Body, intellect and soul on Youtube

In a French weekly magazine, I read an article about Instagram and Youtube opinion leaders every parent should know, as they influence our teenagers’ behaviour and the things they buy (with our money). I need to read it. I will not get away with my children teenage, so I had better know what it is about.

I get to know names I will have to watch on Youtube. And the usual, well-know topic: how they earn their money with advertising.

Writing is out. But I knew that. One needs the video to have success. Youtube forever. Maybe I should stop resisting and spread my face over the web. But then I read on and decide not to. It would be useless, given my interests. Out of the 10 most influential women youtuber in France, 7 talk about beauty and lifestyle. I am far from that world. Which, I guess, is the same in the English-speaking parts of the world.

This means that women are credible and listened if they talk (mostly or only) about those topics, or that they are actually interested (mostly or only) about them? And how are those aspects linked?

In both cases, I am worried. I hope there is a meaning I could not find. Alternatively, that all this is a transitory condition due to teenage. I hope that it will end one day, giving way to other occupations. To this as well, why not? Nonetheless, with moderation.

I keep believing women are not only body. They are also intellect. And soul. These three aspects do not exclude each other, and none of the three should ever suppress the others.

And this is valid for men too.

Il lato nascosto delle cose / Le côté caché des choses / The hidden side of things

“Di me, solo questo era visibile e io sapevo accontentarmi dell’oscurità” (Misure variabili, in Punti e interrogativi, p. 8)

La notte si illumina di mille vetrine scintillanti. Il rantolo dell’aria condizionata, sempre troppo ghiacciata rispetto all’esterno, non scoraggia i clienti e anzi, garantisce loro frescura. Anche di notte, in Oman si lavora. Un susseguirsi di negozi vendono, riparano, ristorano, puliscono, confezionano. Mercanzia di vario genere e tanti, tantissimi gioielli, macchine da cucire o gomme forate, coffee shops, car wash, ladies o gentleman tailoring. Basta un’occhiata alla vetrina per capire la specialità di ciascuno. Anche nei luoghi più remoti.

Questo è il lato visibile delle cose.

E poi c’è quello nascosto.

Le donne sono vestite di lunghe abaya nere che ne celano il corpo, mentre si susseguono vetrine che vendono, ma soprattutto confezionano, abiti femminili colorati, scintillanti, a paillettes, pur rigorosamente lunghi e coprenti. Un tripudio di colori affascinante come il lato visibile di questo paese tranquillo e accogliente.

Mentre osservo le vetrine inizio a percepire un paradosso. Tento di ricordare donne che portano quel genere di abiti. Ribobino il film dei giorni trascorsi in Oman e vedo solo donne in nero. Donne che nemmeno in spiaggia si separano dalla tenuta tradizionale. Donne che portano addirittura mascherine di vario genere, nascondendo anche il volto.

La domanda mi brucia: dove sono le donne che hanno comprato questi arcobaleni? Devono esistere. Il numero di atelier è impressionante, zone intere dedicate ai sarti per donne, oltre a quelli che propongono la tunica tradizionale maschile di colore bianco o chiaro, la dishdasha. E se i sarti prosperano, certamente le donne si fanno confezionare quegli abiti. Mi astengo dal porre la domanda direttamente ai sarti, entrare nei loro atelier multicolore mi indurrebbe in tentazione. Ma la pongo agli impiegati dell’albergo. Mi rispondono con un sorriso che pare perdonare la mia ingenuità: in casa, per le feste. Lo sospettavo. Me lo confermano le letture. E il ricordo di mia figlia, mamma, ma non l’hai notata quella donna oggi mentre sbrigavi il check-in? No, amore, dimmi. Sotto portava vestiti normali. Benedetta figliola, hai visto giusto allora. C’è un lato nascosto delle cose.

Quello visibile, invasivo, folgorante, è nero – malgrado non si vedano che rarissimi sarti di abaya. Nero che significa modestia, volontà di non apparire (o forse di sparire), uniformità e probabilmente anche, grazie a ciò, protezione. La tradizione delle donne in nero è più che mai ancorata nella società omanita. Esse colonizzano i luoghi, visibili ma discrete, nella calura soffocante. Nemmeno l’acqua limpida e fresca dei wadi riesce a corromperle.

Beati gli uomini, le cui dishdasha sono sempre candidamente bianche o tuttalpiù beige o marroni, ma con una caratteristica comune: mai sporche e sempre stirate con cura. Merito delle lavanderie pubbliche. Se ne vedono per strada, il loro lavoro è visibile. E se ce ne fosse uno nascosto, quello delle donne?

 

Segui le mie storie in viaggio e ritrova questo articolo per intero, corredato da foto, sulla rivista online The Travelogue.

https://medium.com/the-travelogue/il-lato-nascosto-delle-cose-fd11637839b3

 

Le côté caché des choses

La nuit s’illumine de mille vitrines scintillantes. Le bruit de l’air conditionné ne décourage pas les clients. Bien au contraire. Même la nuit, on travaille à Oman. De nombreux magasins ou ateliers vendent, réparent, nourrissent, nettoient, confectionnent. Il s’agit de produits différents et de beaucoup de bijoux, machines à coudre, pneus, coffee shops, car wash, ladies o gentleman tailoring. Il suffit de jeter un coup d’œil aux vitrines pour comprendre les compétences offertes par chacune.

Ceci est le côté visible des choses.

Mais il y a un côté caché.

Les femmes sont habillées dans des longues tuniques noires, les abayas, qui cachent leur corps, alors que d’innombrables vitrines vendent, mais surtout confectionnent, des habits de femme colorés, scintillants, à paillettes, bien que rigoureusement longs et couvrants. Un arc-en-ciel de couleurs fascinant comme le côté visible de ce pays accueillant et paisible.

Pendant que j’observe les vitrines, un paradoxe me hante. J’essaie de me souvenir des femmes avec de tels habits. Et je n’en vois guère. Il n’y a que des femmes en noir. Des femmes qui ne quittent pas leur tenue traditionnelle, même pas sur la plage. Des femmes qui portent des masques pour le visage.

La question se fait pressante: où sont les femmes qui achètent ces vêtements ? Elles doivent bien exister. Comment justifier autant de tailleurs d’habits colorés, autrement ? Le nombre d’atelier est impressionnant. Mais que des rares confectionnent des dishdasha, la tunique traditionnelle des hommes, blanche ou claire, ou les abayas noires. Je me retiens de poser la question aux tailleurs, entrer dans leurs ateliers serait bien trop tentant. Mais je la pose aux employés d’un hôtel. Ils me répondent avec un sourire qui semble pardonner ma naïveté : à la maison, pour les fêtes. Je m’en doutais. Les lectures me le confirment. Et le souvenir de ma fille, maman, tu n’as donc pas remarqué cette femme à côté de toi à l’enregistrement? Non mon amour, dis-moi. Sous la tunique, elle portait des habits comme les nôtres. Bien vu ma chérie. Il y a donc un côté caché des choses.

Le côté visible, invasif, fulgurant, est noir. Cette couleur signifie modestie, volonté de ne pas paraître (ou peut-être même disparaître), uniformité et probablement, grâce à tout cela, une certaine protection. La tradition des femmes en noir est plus que jamais ancrée dans la société. Elles colonisent les lieux, visibles mais discrètes, dans la chaleur étouffante. Même pas les eaux claires et fraîches dans les wadis les font craquer.

J’envie les hommes, dont les dishdasha sont blanches ou tout au plus beige, mais avec une particularité en commun: toujours propres et bien repassées. Tout cela grâce aux buanderies publiques, qui font un travail bien fait et visible. Et s’il y avait un côté caché, comme le travail invisible des femmes ?

 

The hidden side of things

The lights of a thousand shops make the night shine. The wheeze of the air conditioning, always too cold, doesn’t discourage customers from entering. On the contrary. It’s late in the evening, yet Omani’s shops are still at work. They repair, buy, clean, offer food, jewellery, tyres. Coffee shops, car wash, ladies o gentleman tailoring. I understand what they offer at a simple glance.

This is the visible side of things.

Then, there is the hidden one.

Women wear long, black abayas covering their bodies. The contrast between them and the tailors selling beautifully coloured dresses is striking. This is the visible side of this beautiful, peaceful country. I try to recall women wearing colourful dresses. Yet I can’t see any of them. Only women in black. Women who won’t quit their long black dress even on the seaside. Women who wear face masks. I couldn’t miss them, for sure.

Therefore, I keep asking myself where and when women where these dresses. I can’t help asking the employees at the reception, whose smile seems to pardon my gullibility. At home, to celebrate. I knew that somehow. Books confirm this feeling. And my daughter too, mummy didn’t you notice that woman at the reception? No, sweetie, tell me please. She was wearing normal clothes under the abaya. Good God, you got it long before me, my dear: there is a hidden side of things.

The visible one is strikingly black. Although there are just a few abayas’ tailors. Black means modesty, willing not to appear (or maybe disappear), uniformity and protection. Therefore, the tradition of women in black is still very alive. They are everywhere, visible but discreet, defying the unbearable heat. How can they manage? I wonder. I very much envy the men, whose dishdashas are white or light brown. And always perfectly clean and ironed. Well, that’s what the public laundries are for. They’re out there, visible. Alternatively, we should thank the invisible work of women. Who knows?

 

Il mestiere più bello e difficile del mondo / Le métier le plus beau et le plus difficile au monde / The most beautiful and difficult job in the world

“Per lei era già stato difficile fare la madre…” (La lettera G, p. 123)

Un mese fa sono diventata zia. E allora? – direte voi. Allora succede che un uomo e una donna in più hanno un bambino. Metto da parte l’emozione e rifletto.

Fare il genitore è il mestiere più bello del mondo. Il più istruttivo e il più gratificante. Ma è anche il più difficile. Già assodate sono le gioie ma, a fronte dell’estenuante lavoro quotidiano, ci si può legittimamente chiedere se ne vale la pena. E non sarebbe una domanda stupida da porsi. Se non ce la poniamo, è perché pesa ancora troppo il giudizio degli altri rispetto ad eventuali dubbi.

Una conoscente, qualche anno fa, (post: Scegliere la maternità con cognizione di causa, archivio di novembre 2014) mi fece una rivelazione terribile e terribilmente onesta: se tornassi indietro, non lo rifarei. Chapeau. Perché attorno all’argomento, gli uomini ma soprattutto le donne, in prima linea nella cura e nell’educazione, hanno creato una sorta di “intimità per iniziati” all’interno della quale è legittimo dire cosa significa allevare dei figli, ma che niente debba trapelare all’esterno prima, pena l’estinzione della specie.

Perciò ne parlo apertamente anche a chi di figli non ne ha (ancora), mettendo in guardia soprattutto le donne.

È bene rompere la visione romantica del bambino, fagottino rosa delle pubblicità il cui visino (sempre sorridente o addormentato) squaglia il cuore. Non neghiamo le immense gioie, ma neppure i “dolori” dell’essere genitori. Credo che le difficoltà maggiori siano quelle di rinunciare ad essere il centro dell’universo, sacrificare il tempo libero, non decidere più secondo i propri desideri e fornire un’assistenza che per anni sfiora il 16/24h, 7/7 (a meno di avere aiuti esterni – famigliari o amici, e compresa anche le baby-sitter moderne, ovvero quelle elettroniche e virtuali). Significa pure momenti di fatica e di dubbio per essere coerenti nell’educazione e sul proprio ruolo di genitore (eh no, questi ultimi non sono optional, fanno parte della job description!). Se si è pronti a tutto ciò, la bilancia penderà verso il positivo, rendendo la genitorialità un’esperienza straordinaria. Nell’area Femmes parlantes di questo blog troverete diversi spunti sulla famiglia e sul ruolo di genitore. Non esitate a leggerli, a sfruttarli e a commentarli. In mancanza di stages nel mestiere di genitore, potrebbero rivelarsi un minuscolo aiuto.

Ma attenzione: è maturo anche chi ha il coraggio di dirsi “non fa per me”. Appartengo alla prima generazione di donne che può scegliere. E credo che esse dovrebbero approfittare pienamente di questa nuova libertà.

 

Le métier les plus beau et le plus difficile au monde.

Être parents est le métier le plus difficile du monde. Mais également celui qui nous enseigne et gratifie le plus. On connaît les joies d’avoir des enfants mais, lorsqu’on évalue le lourd travail quotidien, il est légitime de se poser une question: cela en vaut la peine? Ce ne serait pas une question stupide à se poser.

Malgré cela, la majorité estime être préparée au rôle de parent. La naturelle disposition biologique nous aide, certes, mais il se peut qu’autour de ce thème, les hommes mais surtout les femmes aient créé une sorte de « secret pour initiés », un cadre dans lequel il est légitime de dire tout sur ce que signifie élever des enfants mais qui doit rester secret avant d’en avoir, peine l’extinction de l’espèce.

Personnellement, j’en parle ouvertement. Je n’ai pas peur d’être jugée cynique ou alarmante.

Il faut abandonner la vision romantique de l’enfant parfait des publicités, tout sourires ou endormi. On ne peut pas nier les joies immenses, mais il faut également parler des difficultés. Les plus grandes sont sans autres renoncer à être le nombril du monde, sacrifier son temps libre, ne plus pouvoir décider selon ses propres désirs, se donner 16/24h, 7/7 (au moins d’avoir une aide, y compris la nounou moderne qu’est la télé). Il y a aussi les moments de fatigue et de doute, la difficulté dans la cohérence de l’éducation, les moments de soucis. Si l’on est prêt à tout cela, ce sera sans doute une expérience positive. Il faut une grande maturité.

Mais attention : sont également mûres les personnes qui ont le courage de se dire « ce n’est pas pour moi ». J’appartiens à la première génération de femmes qui peuvent choisir. Il faut profiter du libre choix.

Ps : plus sur ce sujet ? En l’absence de stages pour aspirants-parents, lisez la partie Femmes parlantes dans ce blog, ça donne des idées que vous pouvez lire et commenter.

 

The most beautiful and difficult job in the world

Being a parent is the most difficult job in the world. Yet the one which teaches the most and makes us happier. We all know about the joys of having a child but, when we consider the heavy daily work, one could wonder: is it really worth the effort?

It would be a legitimate – and far from stupid – question.

Yet the majority seems to be prepared for it. It may be biological, but let me consider the possibility that men, but above all women, have created a “secret for initiated people” only those who actually have children are allowed to discuss the difficulties of being a parent.

Please, forget about the romantic idea of the ever-smiling, obeying and sweet child. Remember that there are difficulties too: you have to give up free time, stop being the center of your own universe and deciding following your own whims. You need to assist the baby/child for years, 16/24h, 7/7 (unless you have help – and TV is a modern nanny as well). It also means bearing with doubts about doing well (yes, it’s part of the job description, didn’t you read it before?), worries and stress. After the birth of my children, I realised I had never actually worked before.

If you are ready for all this, it will be a positive experience, no doubt! You are ready to enjoy the joys! However, this requires maturity. Nevertheless, is indeed mature the one who says: “that’s not for me”.

Ps: there is no class for aspiring parents, so if you need some insights about this topic, please read the Femmes parlantes section (in English too).

Non di sola donna vive un blog (Italian only)

“I tempi sono cambiati. Ma no, che sta a pensare! Sono le donne che sono cambiate, gli uomini sono rimasti uguali.” (Cinque minuti, in Punti e interrogativi, p. 41 – #puntieinterrogativi)

 

Delle questioni femminili si è parlato ampiamente nel corso dei decenni scorsi. Meno studiata è la questione maschile. Perciò, anche se è l’8 marzo, sovverto le regole e parlo di essa.

Sul magazine dell’Economist si leggeva: «Come uomo, c’è questa tacita aspettativa che io sia una persona che guadagna, che uccide gli insetti e che sistema le cose in casa. Allo stesso tempo, devo essere sensibile, aiutare a cucinare ed essere presente con i ragazzi». Niente che non faccia, in modo diverso, anche la donna di oggi. Dalla quale ci sia aspetta che accudisca ed educhi i figli, cucini, tenga pulita la casa, essendo al contempo affermata, generatrice di guadagni e attiva sul fronte professionale e famigliare. Restando naturalmente anche sempre bella e desiderabile.

La moltiplicazione delle aspettative ha complicato l’esistenza di donne e uomini, ma misurarci a nuove sfide ha aumentato la nostra profondità, sensibilità e umanità. Siamo più “ricchi” oggi di ieri. Ci sono, tuttavia, ancora diversi aspetti che necessiteranno anni, forse decenni, prima che venga raggiunto un equilibrio. Questo perché, in realtà, i ruoli maschili sono rimasti molto più immutati di quelli femminili. Soprattutto per quanto attiene ai codici di comportamento e alla costruzione identitaria. Questa staticità è fonte di sicurezza, ma non è esente da interrogativi. Come si costruisce, oggi, l’identità del maschio? A quali problemi era confrontato ieri, e a quali oggi? Quali altre sfide l’attendono e come possiamo, noi donne, aiutarli a vincerle?

Come mamma di una bambina e di un bambino, non smetto mai di pormi domande su come portare avanti un’educazione paritaria, basata sul rispetto e sull’amore, fondamentalmente uguale nei concetti, nelle parole, nei sentimenti e nei ragionamenti. Ma appropriata alle loro diverse identità. Chiunque abbia qualche idea, è invitata/o a portarmi nuove prospettive o spunti. Sia come commento personale, che come saggio o romanzo.

Di seguito, qualche risorsa per iniziare ad affrontare la “questione maschile”, sempre che riusciate ancora a trovarla in commercio. I libri sull’identità femminile sono fioriti e appassiti e ogni nuova stagione ci porta nuovi profumi, nuove foglie, nuove comprensioni. E gli uomini che scrivono del loro essere uomini? Alcuni esistono. Sempre di più. Ma è come se la questione non valesse la pena di essere posta: l’identità maschile è data per scontata. E questa lacuna, la mancanza di un appoggio dalle diverse scienze sociali, fragilizza proprio gli uomini. E di riflesso anche la società.

Studi sociologici

    • F. La Clecla, Modi bruschi, antropologia del maschio, ed. Eleuthera, 2009
    • L. Ballabio, Virilità, essere maschi tra le certezze di ieri e gli interrogativi di oggi, ed. Franco Angeli, 1991
    • Caputo, Il silenzio degli uomini, ed Feltrinelli (già recensito in Suggerimenti di lettura del mese di giugno 2017)
    • S. Ciccone, Essere maschi, ed Rosenberg e Sellier, 2009
    • Piccone /Saraceno, La costruzione sociale del maschile e del femminile, ed Il Mulino, 1996
    • F. Boni, Mascolinità all’italiana, ed. UTET
    • D. Gilmore, Manhood in the making, tradotto in Modelli culturali della virilità, ed La nuova Italia, 1991/trad 1996
    • G.L Mosse, The image of man, trad in L’immagine dell’uomo, ed. Einaudi
  • Filosofia e psicologia

 

  • E. Zoja, Il gesto di Ettore, ed. Bollati Boringhieri
  • M. Recalcati, Il complesso di Telemaco, ed Feltrinelli
  • D. Demetrio, L’interiorità maschile, ed. Raffaello Cortina

 

Contro le mutilazioni genitali femminili / Contre les mutilations génitales féminines/ Against female genital mutilations

“La mamma? Ma dai, lo sai che dice sempre di sì a papà” (Cuore senza occhi. In Punti e Interrogativi, Antonio Tombolini Editore, p. 94)

 

Oggi, 6 febbraio, ricorre la giornata mondiale contro le mutilazioni genitali femminili, condannate anche dall’ONU (nel dicembre 2012) in quanto violazione dei diritti umani. L’Unicef stima a 200 milioni le donne che le hanno subìte.

In numerosi paesi del mondo (28!), in particolare nel continente africano, milioni di bambine rischiano ancora oggi la vita a causa delle infezioni che derivano da pratiche come l’infibulazione o l’escissione. Se sopravvivono, il dramma non è finito. Il peso delle mutilazioni permane, è fatto di dolore fisico e psicologico, vergogna, silenzio, umiliazione, privazioni.

Divenire donna è ancor più complicato, in paesi dove essere donna è ancora molto, troppo difficile.

Rispetto le tradizioni, sono un bene prezioso per l’umanità. Salvo quando occultano prepotenze, dominazione, oscurantismi e credenze che sfociano nella violenza. La responsabilità etica delle mutilazioni genitali è maschile, un sistema odiosamente patriarcale che convince le madri a perpetuare tali atti. La responsabilità pratica è femminile, radicata nell’ignoranza e nella paura imposta dal sistema patriarcale, tramandata di madre in figlia nel silenzio, nella dipendenza e nella paura.

Mi fermo qui e lascio la parola ha chi ha subìto queste violenze: la biografia di Waris Dirie, Fiore del deserto, è un buon punto di partenza. Divenuta una famosa modella e in seguito portavoce dell’ONU, Waris ha potuto uscire dal silenzio e denunciare queste pratiche tanto ancestrali quanto barbare. Ma non scordiamo mai che è solo una tra tante, ad aver potuto scostare il velo del silenzio e della vergogna.

Vi invito a fare 10 minuti di silenzio e di profonda riflessione per onorare tutte le bambine divenute donne ferite nel cuore della loro nascente femminilità. Dopo questi dieci minuti, vi invito a parlare attorno a voi di questo problema scottante e ancora troppo attuale.

 

Contre les mutilations génitales féminines

Aujourd’hui on fête la journée mondiale contre les mutilations génitales féminines. L’Unicef estime à 200 millions le nombre des femmes en ayant subi une ou l’autre forme.

Dans des nombreux pays du monde (28), en Afrique en particulier, des millions de petites filles risquent leur vie à la suite d’infections qui s’ensuivent des pratiques comme l’infibulation ou excision. Si elles survivent, leur drame continue. Le poids des mutilations les accable, il est fait de douleur physique et psychologique, de honte, humiliations, privations. De silence.

Devenir femme est encore plus compliqué, dans des pays où être femme est encore très, trop difficile.

Je respecte les traditions, elles sont un bien précieux pour l’humanité. Sauf quand elles occultent la domination, les obscurantismes, les prévarications, les croyances qui débouchent dans la violence. La responsabilité éthique des mutilations est masculine, un système patriarcal qui convainc les femmes à perpétuer ces actes. La responsabilité pratiques est féminine, enracinée dans l’ignorance et la peur imposées de la part du système et transmise de mère en fille dans le silence, la dépendance, la peur.

Les femmes ayant subi ces violences vous l’expliqueront mieux que moi : Waris Dirie, dans sa biographie Fleur du désert, vous donnera un point de départ. Waris est un modèle somalien qui est sorti du silence pour dénoncer ces barbares pratiques ancestrales. Elle est devenue ensuite ambassadrice de l’ONU. N’oublions pas qu’elle n’est qu’une des rares ayant pu soulever le voile du silence et de la honte.

Je vous invite à 10 minutes de silence et de profonde réflexion, afin d’honorer toutes les petites filles devenues des femmes blessées au cœur du féminin. Ensuite, je vous invite à en parler autour de vous.

 

Against female genital mutilations and cuttings

We celebrate today the International day of zero tolerance against female mutilations and cuttings. The Unicef estimates the number of victims at 200 millions.

In a great number of countries (28), particularly in Africa, millions of little girls risk their lives because of infections ensuing from them. If they survive, the burden is heavy: too much psychological and physical pain, too much shame. Silence and humiliation.

To become a woman is even more complicated in those countries, where being a woman is indeed too complicated.

I respect traditions, they are precious for humanity. Except when they hide domination, overbearing, obscurantism and beliefs leading to violence. The ethical responsibility for genital mutilations is male, rooted in a patriarchal system which convinces women to perpetuate such acts. The practical responsibility is female, rooted in ignorance and fear imposed by the system, handed down from mother to daughter and covered by silence, dependence and fear.

I do not know anything about mutilations, so I leave it to a victim to speak up. Waris Dirie, in her biography, denounced those acts. She became then a UNO Ambassador. Let us not forget, though, that she is one of many. One who could speak up and face the shame.

I invite you to ten minutes of silence in honour of those mutilated women. Then I invite you to talk about this issue to as many people as possible.

Solitudine di donna / Solitude de femmes / The loneliness of a woman

“Io le ho uccise, Padre. Con queste mie mani” (La lettera G, p. 51, Tufani editrice)

Si è parlato, negli scorsi giorni in Francia, del ritrovamento dei corpi congelati di tre neonati. L’infanticidio da parte materna non è un argomento nuovo e, come sempre, suscita orrore. E, certamente, i fatti sono gravi. Gravissimi.

Ma non starò a disquisire sul perché la donna non avesse usato contraccettivi. Né del perché non abbia abortito. Né se, come in altri casi, fosse vittima di incesto. Tutto questo sarebbe ovvio per chi, come me, come voi, vive un’altra situazione personale. Parliamo piuttosto di ciò che non è ovvio. Delle domande aperte.

Come ha potuto fare tutto da sola, senza che nessuno si accorgesse di niente? Lei, come le altre che hanno potuto nascondere per anni il crimine, perché non ha chiesto aiuto? Al padre dei figli, a un famigliare, a un’amica, a un consultorio o a un medico? Per sua stessa dichiarazione, infatti, il padre di questi neonati “non ne ha mai saputo niente”. O, in altri casi, si sospetta che sapesse, ma ha lasciato fare, o che avesse interesse a nascondere il fatto. Ad ogni modo, nessun famigliare, amico o vicino di casa, si è reso conto delle gravidanze ripetute o dei parti. Ovvero nemmeno dei lati più chiari, più “visibili” di queste oscure faccende.

Con tutto l’orrore che queste vicende mi ispirano, ammetto di provare anche pena e tristezza per queste donne. Si tratta di drammi personali, certo. Ma non solo. Sono anche drammi femminili e di società, perché da storie come queste intuiamo che mettere al mondo un figlio e allevarlo è ancora troppo spesso un affare di donna, che alcune affrontano completamente sole. Con le conseguenze del caso.

È su questa immensa solitudine di donna che, al di là dei fatti cruenti, io rifletterò.

 

Solitude de femme

On a parlé la semaine passée en France du cas de la femme qui a tué trois de ses nouveau-nés et en a congelé les corps pour les cacher. L’infanticide n’est pas une nouveauté et, comme toujours, il suscite des sentiments d’horreur. Certainement les faits sont graves. Gravissimes.

Mais je ne souhaite pas me pencher sur les raisons qui lui ont empêché d’utiliser des contraceptifs, ni des raisons pour lesquelles elle n’a pas avorté. Ni si, comme dans d’autres cas, elle avait été victime d’inceste. Toutes ces possibilités auraient été envisageables pour moi, pour vous, qui avons une autre situation personnelle. Il est aussi évident que Madame risque la prison à perpétuité. Parlons de ce qui n’est pas évident. Des questions ouvertes.

Comment a-t-elle pu agir toute seule, sans que personne ne remarque quoi que ce soit ? Elle comme d’autres, d’ailleurs. Pourquoi n’a-t-elle pas demandé de l’aide ? Au père des enfants, à un parent, une amie, un médecin ? Selon sa propre déclaration, en fait, le père « n’en savait rien ». Dans d’autres cas il suspectait peut-être, mais faire semblant de ne rien savoir lui convenait. Ou bien il avait intérêt à ce que personne ne sache. De toute façon, aucun membre de la famille, amis ou voisin, ne s’est rendu compte des grossesses répétés ou des accouchements. C’est-à-dire, de ce qui est « visible ».

Toute l’horreur que ces faits m’inspirent ne m’empêche pas d’éprouver une profonde pitié, une tristesse même, pour elle. Car le drame de ces femmes est certes personnel, mais également féminin et de société. C’est en écoutant ces histoires que je me rends compte encore une fois que ce qui concerne mettre au monde et élever un enfant est encore trop souvent la seule affaire des femmes. Et certaines y font face seules, trop seules pour prendre les bonnes décisions.

C’est sur cette immense solitude de femme que, au-delà des terribles faits, je réfléchirai.

 

A lonely woman

The recent French case of a woman who killed her three new-borns, hiding the corpses in a refrigerator at work, is one of many, and yet….

Facts are horrible, indeed. Yet we will not discuss why the woman did not use contraceptives, nor why she did not choose abortion. This could concern me, or you, who lead completely different lives. We will not talk here about the obvious, like the fact that she is risking life imprisonment. We will talk about what is not that obvious. About the unanswered questions.

How could she do all this alone? Why did she not ask for help? Ask the father of the children, for example. Or a relative, a friend, a doctor? The father affirmed not knowing anything about the pregnancies. Nor did the neighbours or her friends, to whom she apparently managed to hide the pregnancies and the births. However, pregnancy and childbearing are obvious, so is it plausible that nobody ever noticed anything?

Despite the horror of the situation, I admit feeling sorry for these women. Because theirs is a personal drama, for sure, but also a feminine one and one which concerns our society. For hearing stories like this one, it becomes even clearer that giving birth and raising children is a burden still mostly carried by women.

Some of them face it all alone, sometimes making bad decisions.

Being unable to change the course of her life, I will muse over the immense loneliness of this woman.